Formation en menuiserie dans un centre de détention / Photo : PNUD Mali

 

MK a été libéré de prison il y'a exactement 1 an. C'est la 7 ème fois qu'il fait de la prison. Cette récurrence il l'évoque avec émotion. Apprenti chauffeur à ses débuts, il tombe très vite dans l'alcool et la violence qu'il décrit comme une fatalité dans un milieu difficile. Orphelin de père et de mère, il a pour seul soutien son grand-frère.

- j'ai étudié dans une Medersa et je n'ai pas fait de longues études. Après la 4 ème année, j'ai abandonné l'école. Je voulais devenir chauffeur et j'étais apprenti chauffeur sur différents trajets dans les transports en commun. Ce milieu est difficile et violent. Je me suis retrouvé en prison pour des altercations qui ne partaient de rien. Ma dernière peine a été la plus lourde car il y a eu mort d'homme. J'ai pris 5 ans.

C'est dans ce contexte que MK a choisi le module de menuiserie parmi les formations à vocation de réinsertion proposées par le Projet GFP Prisons Mandela dans la maison d'arrêt.

J'ai beaucoup réfléchi à ma vie. Mon passé et surtout mon futur. J'ai… euh… 34 ans, je n'avais vraiment plus envie de retourner dans ce milieu du transport qui me conduit directement vers la prison. Cette opportunité de formation en prison est lieu comme une porte de sortie pour moi. J'ai alors choisi d'apprendre un autre métier pour sortir de ce cycle infernal. Je sais monter les lits, les armoires et j'ai aussi appris certaines techniques de menuiserie appliquées à la construction de bâtiments.

D'une façon générale, au Mali, le milieu carcéral fait face à de nombreux défis tels que le manque d'infrastructures adéquates, la surpopulation, les conditions de vie insalubres, ainsi que la précarité sanitaire et alimentaire.

Le projet Mandela financé par le Royaume des Pays-Bas pour un montant de 8 357 881 USD sur une période de 2016 à 2021 et mis en œuvre par le PNUD et la MINUSMA a permis entre autres de rénover et construire les bâtiments et doter les maisons d 'arrêt en équipements tels que les fourrages, l'informatique pour une gestion maitrisée de la détention, des installations sportives, des littératures et des kits de dignité pour femmes, appui aux pénitenciers agricoles etc. afin de réduire les maladies diarrhéiques et d' organisateur plusieurs formations sur les droits des détenus.

Des microprojets ont été mis en place pour former les détenus en menuiserie bois à ou encore selon les localités en soudure, savonnerie, maroquinerie, couture et les activités maraichère afin de permettre à l'administration pénitentiaire de mieux réaliser les missions de réinsertion sociale des détenus (es), dans le respect des règles et normes internationales pour le traitement des détenus tels que les règles Nelson Mandela des Nations Unies.

La question de la récidive est une problématique majeure, une étude financière par le projet Mandela est en cours pour en évaluer l'ampleur et les causes profondes afin de mettre en place une véritable politique de réinsertion sociale.

Ce 2 octobre, cela fera exactement 1 an que je suis de nouveau un homme libre, se souvient MK Je continue de travailler. Nous ne parlons jamais de mon passé avec mon patron, mes proches quant à eux sont heureux de voir celui que je suis devenu. Je fais même un peu d'épargne, j'ai besoin de quelques équipements. Je n'en ai malheureusement pas. Je voudrais m'installer ensuite à mon compte et former d'autres personnes dans mon futur atelier.

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