L’Observatoire
du Développement Humain Durable et de la Lutte contre la Pauvreté
au Mali (ODHD/LCPM) publie un Rapport qui appréhende un des enjeux majeurs du
développement du Mali : la
protection de l’environnement
Bamako,
le14 septembre 2006_ L’environnement du Mali est
caractérisé par un déséquilibre entre les ressources
naturelles et les besoins croissants d’une population en quête
de meilleures conditions de vie, conduisant du coup à une dégradation
de ces ressources. Le Rapport national sur le développement
humain 2006 intitulé « Gestion
de l’environnement pour un développement humain durable »
publié aujourd’hui même émet une série de recommandations
qui aideront le Gouvernement Malien et tous les acteurs du développement
à mener des actions visant à renverser les tendances actuelles.
Fruit de la coopération entre le PNUD et le Gouvernement du Mali
à travers l’Observatoire du Développement Humain Durable et de
la Lutte contre la Pauvreté au Mali (ODHD/LCPM),
le présent Rapport national sur le développement est le résultat
des travaux d’une équipe d’experts environnementaux maliens.
En matière d’environnement le constat est alarmant au Mali :
raréfaction des ressources agro-sylvo-pastorales, avancée du désert,
surtout dans les zones du Nord, disparition de nombreux habitats
naturels et d’espèces sauvages, abandon de 7 à 15% des terres
pour raison d’infertilité, disparition de plus de 100.000 ha de
forêts par an. En plus de cela il convient de noter une forte
concurrence entre les activités agricoles et pastorales qui entraîne
souvent des affrontements entre agriculteurs et éleveurs. La
pollution des eaux et des sols est également inquiétante.
M. Djibril Tangara, Ministre du développement Social, de la
Solidarité et des Personnes Agées, rappellera que la
Constitution du pays stipule dans son préambule que "le
peuple souverain du Mali s’engage à assurer l’amélioration
de la qualité de la vie, la protection de l’environnement et du
patrimoine culturel". Cette option, a t-il
mentionné, est effectivement traduite dans le Cadre Stratégique
de Lutte contre la pauvreté (CSLP 2002-2006) dont le troisième
axe vise justement à assurer une gestion durable des ressources
naturelles et de l’environnement.
"Le thème du présent
rapport est hautement d’actualité, car il traite du lien entre
la dégradation des écosystèmes et le développement humain
durable", dira M. Djibril Tangara. "Il
tente de démontrer la corrélation qui existe entre la dégradation
des écosystèmes et les composantes essentielles du développement
humain durable telles que le revenu, la santé, l’éducation, le
genre, la sécurité alimentaire, la participation à la vie économique
et sociale" a ajouté le Ministre.
Le Rapport présenté par M. Zoumana Fofana, Coordonnateur de l’ODHD/LCPM,
met l’accent sur l’effet néfaste des activités humaines sur
l’environnement et les services liés à celui-ci. Il insiste également
sur la douloureuse question de la désertification qui se pose à
un pays sahélien comme le Mali et qui conduit au cercle vicieux
"désertification-pauvreté".
M. Djibrina Barry , Economiste principal du PNUD, après avoir
salué l’indépendance et la totale liberté de ton du Rapport,
dira que son organisation est convaincue qu’ "il
est possible de transformer ce cercle vicieux en cercle vertueux
qui conduira le Mali à atteindre les objectifs du Millénaire
pour le développement, en ce qui concerne la faim et la pauvreté
et la préservation de l’environnement".
Pour M. Nampaa Sanogho , auteur principal, "le
Rapport national sur le développement humain 2006 vise à
susciter le débat autour d’une problématique importante et
dont on n’a pas la conviction qu’elle est suivie avec
attention". Il a insisté sur la nécessité de
mettre en application les textes déjà existant sur la question
environnementale.
Le Rapport est original en ce qu’il produit de
nouveaux indicateurs de l’environnement comme
l’indice de dégradation de l’environnement et l’indice
d’ensablement du fleuve, correspondant à des outils
scientifiques de mesure des dégâts.
Il recommande l’amélioration des techniques de maîtrise des
eaux de surface et des eaux souterraines par la réalisation des
barrages ainsi que la mise en place d'un programme de gestion intégrée
des ressources en eau. Le Rapport préconise d’élaborer et
d’appliquer rigoureusement une politique réaliste d'aménagement
du territoire pour une gestion durable des ressources végétales.
Le Mali connaît de multiples formes de déboisement. Le Rapport
souligne de ce fait la nécessité d’atténuer la pression
humaine sur les ressources forestières, à travers la poursuite
de la promotion des énergies de substitution, des énergies
nouvelles et renouvelables et la réduction de la consommation de
bois-energie. Il invite également les décideurs à trouver
des formules visant à améliorer et rationaliser les techniques
et pratiques pastorales.
Les auteurs du Rapport lancent un avertissement quant au contrôle
rigoureux des produits chimiques toxiques utilisés dans les
industries extractives et l'application rigoureuse du code minier
et du décret portant institution des études d'impact
l'environnemental.
L’étude lance un appel en faveur de la lutte contre
l'ensablement de toutes les sources d'eau et au renforcement des
capacités de gestion communale, communautaire et villageoise des
ressources naturelles.
Les débats qui ont suivi convergent vers l’utilité
d’organiser, à travers le pays, des sessions de dissémination
du Rapport auxquelles le PNUD apportera encore son précieux
concours.
Pour plus
d'informations:
Observatoire du Développement Humain Durable et de
la Lutte contre la Pauvreté au Mali
odhd@odhd-mali.org