Plaidoyer pour lutter contre les armes légères en Afrique de l’Ouest

Bamako, le 24 janvier 2007_ Combien d’armes légères et de petit calibre seraient en circulation dans les pays d’Afrique de l’Ouest ? Posée à des spécialistes lors d’une conférence de presse organisée hier en fin d’après-midi, cette question est restée sans une réponse précise, laissant du coup l’assistance perplexe et posant la nécessité de parvenir à un contrôle de ces engins meurtriers.

C’est dans ce contexte que le Mali, pays dont le leadership en matière de prévention des conflits et de lutte contre les armes légères se confirme, abrite l’initiative régionale de la CEDEAO pour le contrôle de la circulation des armes légères, couramment appelée ECOSAP.

Le but de la conférence était donc de partager, avec les représentants de la presse nationale et internationale, les informations sur la mise en œuvre de ce nouveau programme dont l’objectif est de promouvoir la paix et la sécurité, par le renforcement des capacités nationales des pays membres de la CEDEAO. Il s’agit concrètement de les amener à développer une approche et une réponse globale aux défis posés par la présence anarchique des armes légères dans la sous région. Trois orateurs ont de ce fait pris la parole.

Le Colonel Mahamane Touré, Commissaire chargé des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de la CEDEAO qui a introduit la session a indiqué que la question de la sécurité est d’une grande importance dans l’espace de la CEDEAO. Il a fait un développement sur la Convention issue du Moratoire de la CEDEAO sur les armes légères. Cette convention qui a été signé le 14 juin 2006 à Abuja (Nigéria) doit être débattue par les parlements de la sous-région avant son entrée en vigueur. La Convention impose un régime contraignant d’importation des armes  qui précise leur origine, la destination finale, les voies de transit, le marquage et les motifs d’acquisition des armes par les pays de la CEDEAO. Seuls trois pays ont déjà fait le premier pas en présentant le traité dans leurs Conseils des Ministres respectifs, afin de le faire examiner ultérieurement par les parlements.

M. Joseph Byll-Cataria Coordonnateur Résident des activités opérationnelles du système des Nations Unies au Mali et Représentant Résident du PNUD a insisté sur l’importance du programme ECOSAP, afin dira t-il de « mettre fin à la dissémination des armes légères et contribuer à l’établissement de la paix, fondement du développement ». Il ajouté que le PNUD a joué le rôle facilitateur en mettant déjà une contribution  de 3.800.000 US $ à la disposition du programme.

M. Mahamadou Nimaga , Conseiller des Affaires étrangères en charge des questions des armes légères, dira qu’il est capital de « garantir la sécurité humaine dans l’espace communautaire ». Il a rappelé les efforts de la CEDEAO en matière de paix et de sécurité dans la sous-région et la nécessité de soutenir le programme d’ appui technique et financier aux Etats membres, à travers notamment le renforcement des capacités des commissions nationales de lutte contre la prolifération des armes légères, de l’unité des armes légères et de la société civile.

Le programme ECOSAP qui s’étale sur cinq ans a un budget total de 31.443.500 US $. Il est situé dans les anciens locaux du PCASED à Koulouba.
 

Pour toute information complémentaire, contacter M. Djeidi Sylla (djeidi.sylla@undp.org