Quinzaine de l'environnement au Mali: lancement de la 8ème édition

Bamako, le 06 juin 2007
_ Sécheresse, pollution, effet de serre, inondations, cyclones, érosion des côtes et des berges… autant de maux infligés à la planète. Dans le domaine de l’environnement, il existe pourtant un évènement phare que les Nations Unies commémorent le 5 juin de chaque année: la journée mondiale de l’environnement.

Instituée en 1972 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, la journée mondiale de l ‘environnement a pour but d’attirer l’attention de la communauté internationale, des décideurs locaux et des organisations de la société civile sur l’importance de l’environnement. Elle permet également d’éveiller l’intérêt des classes politiques et d’inciter les populations à agir. Le thème retenu cette année est « La fonte des glaces : une question brûlante ». Un thème de portée mondiale, la fonte des glaces affectant toutes les régions du monde.

Au Mali les manifestations commémoratives de cette journée, qui coïncide également avec le démarrage de la Quinzaine de l’environnement, ont été lancées hier matin par le Premier Ministre Ousmane Issoufi Maïga au siège du Secrétariat technique permanent du cadre institutionnel de gestion des questions environnementales. C’était en présence des membres du Gouvernement, des représentants des Institutions de la République, des élus locaux, des représentants d’organisations de la société civile dont la Fédération des chasseurs, des partenaires techniques et financiers et d’un public venu nombreux.

En écho au thème de cette année, le Mali a retenu «Les changements climatiques et la dégradation des terres » pour véhiculer les messages relatifs à la journée mondiale de l’environnement et à la quinzaine d’activités qui s’en suit. La quinzaine de l’environnement est un programme de deux semaines initié depuis 2000 par le Gouvernement de la République du Mali. Elle prône l’action locale pour le développement durable.

Parmi les activités programmées cette année sur toute l’étendue du territoire: une conférence débat sur la gestion des eaux résiduelles des teinturières, la projection d’un documentaire sur les dunes verdoyantes de Tombouctou, des débats radiophoniques sur les dangers liés à l’utilisation des emballages de pesticides, la visite des sites de dépôt de sachets en plastique dans les six communes du district de Bamako, l’arrachage de la jacinthe d’eau dans le canal de Sogoniko, une conférence débat sur le Programme microfinancement du Fonds pour l’environnement mondial, la visite d’une parcelle de vétiver sur la berge du fleuve Niger, un concours de lecture sur l’environnement et le changement climatique, le lancement de l’aménagement de deux espaces verts en commune VI du district.

Sous un soleil matinal qui déversait une vraie fournaise, la troupe scolaire du PAGEEM  ( Plan d’ action pour la généralisation de l’éducation environnementale au Mali) et le groupe Nyogolon ont présenté des sketches combinés à des montages poétiques par lesquels ils véhiculent des messages d’une grande portée sur la déforestation, le réchauffement du climat, la préservation de la biodiversité, l’assainissement…Des messages pertinents quand on sait  par exemple que les arbres, à mesure qu’ils poussent, peuvent ralentir le changement climatique en absorbant le gaz carbonique.  Ils contribuent également à réduire la pollution, à préserver la fraîcheur des villes et à réduire l’érosion.

Biodiversité et disponibilité de l’eau, leitmotive de la journée

Les glaces renferment une grande partie des ressources en eau douce du monde et constituent également une partie vitale des écosystèmes qui soutiennent la vie des hommes et de toutes les espèces sauvages. Le message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon,  a de  ce fait été porté à la connaissance du public, par la voix de M. Joseph Byll-Cataria, Coordonnateur Résident des activités opérationnelles du système des Nations Unies au Mali et Représentant Résident du PNUD. Le changement climatique y est considéré comme une menace pour notre sécurité, dans la mesure où le recul des glaciers pourrait compromettre à la fois la biodiversité et la disponibilité de l’eau au niveau de la planète.

Le Représentant Résident du PNUD a également remis deux documents importants au Ministre de l’Environnement et de l’Assainissement : d’abord le certificat de nomination de l’ONG PACINDHA (Pôle des actions d’intégration des droits humains en Afrique) pour le Prix Equateur 2006  et le Rapport sur le développement humain 2006 vu par les jeunes.

Le Prix Equateur reconnaît les efforts de l’ONG PACINDHA qui ont permis de restaurer 200 ha de Detarium microcarpum (N’Taba kuma), une plante menacée par la surconsommation et les feux de brousse. Les nouvelles méthodes de récolte ont permis de générer des revenus qui ont été réinvestis dans des coopératives de femmes, le paiement des frais de scolarité des enfants, l’achat d’outils agricoles et de bétail .

Le deuxième document (28 pages) ayant l’eau comme thème, est le fruit du partenariat entre le PNUD et l’ONG Peace Child International. Il contient des textes simples, des poèmes, des dessins et des photographies réalisés par de nombreux jeunes à travers le monde, soulignant la nécessité d’accéder à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement adéquats.

Le Ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, M. Natié Pléa, a demandé de «généraliser les actions de reboisement » et d’opter pour des sources d’énergies nouvelles et renouvelables à faible émission de carbone, afin de circonscrire les effets du changement climatique.

Après avoir lancé le site web du Ministère de l’Environnement et de l’Assainissement et procédé à la visite des stands consacrés aux produits « verts », le Premier Ministre s’est félicité de l’organisation, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, de la Quinzaine au Mali. Il a ajouté que l’humanité devrait « disposer d’un environnement sain afin d’avoir une bonne qualité de vie ».

Pour toute information complémentaire, contacter Mme Aida MBo Dembele

( aida.dembele@undp.org )