Égalité des sexes et autonomisation des femmes : mise en route d’un mécanisme Africain d’ information et de suivi des performances

La Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, accompagnée de son homologue en charge du développement social, a procédé hier matin au lancement du processus d’élaboration de l’indice de développement et de l’inégalité des sexes en Afrique. Cet instrument permettra de disposer d’indicateurs mesurant à souhait les progrès réalisés dans le domaine de l’égalité des sexes et d’évaluer les performances des politiques et programme mis en œuvre en faveur de la promotion des femmes.

Bamako, le 30 juillet 2008_ L’absence d’outils de suivi appropriés constitue un obstacle important à la mesure des progrès accomplis vers un des objectifs majeurs du Millénaire pour le développement, à savoir  l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Ce constat a été établi lors des grandes rencontres panafricaines dont celle des Chefs d’Etat tenue à Maputo en juillet 2004 au cours de laquelle a été souligné la nécessité de faire de l’égalité entre les sexes une réalité. C’est donc pour donner suite à cette recommandation qu’a été lancé à Bamako, le processus d’élaboration de l’Indice de Développement et de l’Inégalité des Sexes en Afrique (IDISA). 
L’IDISA vise à fournir aux gouvernements africains et à leurs partenaires, des données sur la situation de l’égalité entre les sexes et l’impact des politiques mises en œuvre pour réduire la marginalisation des femmes, phénomène encore prégnant dans beaucoup de sociétés africaines. Outre la mise à disposition de statistiques et d’outils de suivi qualitatifs, l’IDISA veut promouvoir le changement des comportements afin d’améliorer la condition des femmes.
Pour Mme Maïga Sina Damba, l’indice une fois lancé constituera un instrument permettant aux décideurs  d’évaluer les politiques et programmes mis en œuvre pour l’équité du genre.  Il contribuera, toujours selon elle, à « améliorer les connaissances existantes sur les questions relatives au femmes et leurs préoccupations, en les rendant plus visibles ».
L’importance de l’outil a de plus été démontrée par M. Kalfa Sanogo, Assistant au Représentant Résident du PNUD et point focal genre, en ces termes : « la mise à disposition de données et d’informations fiables sur la situation de l’égalité entre les sexes, la promotion de la modification des comportements des structures et mécanismes aux niveau politique, juridique et opérationnel, la démocratisation des statistiques permettant de mesurer les efforts d’intégration de la perspective genre dans les politiques de développement ». Il a ajouté que l’IDISA est un « outil original, spécifiquement africain » permettant de stimuler les interventions des partenaires impliqués pour l’atteinte de cet OMD.
La rencontre de Bamako a permis aux participants venus d’horizons différents de suivre l’historique et le processus d’élaboration de l’IDISA, sur la base d’ une présentation faite par Mme Thokozile Ruzvidzo, Directrice du Centre Africain pour le genre et le développement social.
Il est donc apparu dans cette présentation que l’IDISA est un indice composite qui combine des indicateurs quantitatifs et qualitatifs à travers deux composantes : l’indice de la condition de la femme et le « tableau de bord » de la promotion de la femme en Afrique.
La première composante renseigne sur les aspects mesurables de l’égalité des sexes. Il contient trois rubriques : les capacités dans le pouvoir social, les opportunités dans le pouvoir économique et la représentation dans le pouvoir politique.  Si l’indice a une valeur égale à 1, cela signifie que le pays a réalisé l’égalité des sexes, un chiffre inférieur à 1 indique qu’il reste des inégalités à corriger.
Le « tableau de bord » de la promotion de la femme en Afrique mesure quant à lui les résultats des politiques gouvernementales en matière de promotion et d’autonomisation des femmes. Pour un pays donné, il prend en compte les progrès du gouvernement en ce qui concerne la ratification et l’application des conventions relatives à l’égalité entre les sexes et aux droits des femmes, ainsi que les textes de politique comme le Programme d’action de Beijing, le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire.
Au Mali, le processus de mise en œuvre de l’IDISA va démarrer en août par le lancement du Conseil consultatif national, pour finir en janvier de l’année suivante par la validation du rapport national. Une équipe de recherche sera constituée à cet effet.

Pour toute information complémentaire, contacter M. Kalfa Sanogo
  
kalfa.sanogo@undp.org