Investissements en Afrique de l’Ouest : les PME au cœur d’un défi économique majeur
  l'Essor n°15647 du 22 février 2006

Notre sous-région doit donner la preuve de sa capacité à attirer des investissements productifs et à revendiquer sa participation aux courants d'échanges intra-africains et mondiaux

Ce début de semaine aura été celui de l'investissement dans notre pays. En effet 24 heures après la 3è réunion du Conseil présidentiel pour l'investissement (CPI), présidée par le chef de l'Etat, Ama dou Toumani Touré, le deuxième forum sur l'investissement en Afrique de l'Ouest a démarré, hier au Centre international des conférences de Bamako.
La cérémonie d'ouverture présidée par le ministre de la Promotion des Investissements et des Petites et Moyennes Entreprises, Ousmane Thiam , s'est déroulée en présence du ministre des Maliens de l'extérieur et de l'Intégration africaine, Oumar Hamadoun Dicko et de son homologue de l'Agriculture Seydou Traoré. On y notait également la présence du président du Conseil économique, social et culturel, Moussa Balla Coulibaly , du président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, Jeanmille Bittar, de la secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l'Afrique, Mme Joséphine Ouédraogo et du coordinateur résident du système des Nations Unies, Joseph Byll-Cataria.

UN DIALOGUE PRODUCTIF- Ce forum, relèvera Ousmane Thiam , se tient à un moment où les pays de l'Afrique de l'ouest sont en proie à de multiples difficultés, au nombre desquelles la sécheresse, les conflits sociaux, les contraintes de la mondialisation qui se traduisent par une famine endémique et l'émigration des jeunes.
C'est fort de ce constat que la CEA, expliquera Mme Joséphine Ouédraogo, a initié ce forum pour établir un dialogue productif entre entrepreneurs, autorités gouvernementales et investisseurs afin d'examiner de manière approfondie les obstacles à l'essor des petites et moyennes entreprises et proposer des mesures pratiques pour assurer leur développement. Car, l'un des défis économiques majeurs de notre sous-région est de donner la preuve de sa capacité à attirer des investissements productifs (intérieurs et extérieurs) et à revendiquer sa participation aux courants d'échanges intra-africains et mondiaux, a-t-elle ajouté.
En effet, l'environnement politique et institutionnel ne favorise pas le développement des PME, a constaté Mme Joséphine Ouédraogo. Par le passé, plusieurs pays africains ont axé leurs efforts sur le développement des grandes entreprises formelles sans se soucier des besoins spécifiques de la petite et moyenne entreprise qui est restée confinée dans l'informel. A cet effet, les politiques économiques, mises en place, ont favorisé l'octroi de licences et de crédits pour faciliter l'installation des poids lourds en orientant les investissements dans ce créneau et en mettant en place des réglementations commerciales favorables à leur émergence, déplore la secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l'Afrique.

UNE INFRASTRUCTURE PHYSIQUE DE BONNE QUALITE- Les effets collatéraux produits par ces options stratégiques ont entraîné dans leur sillage le problème de la compétitivité des PME. Or, de l'avis des spécialistes, l'étouffement des PME est à la base de la grande paupérisation des campagnes en Afrique. Selon Joséphine Ouédraogo, dans de nombreux pays africains, les régions rurales ne disposent ni d'un bon réseau de transport, ni de facilités d'approvisionnement en eau et en électricité, encore moins des services de soutien indispensables à leur développement. Aussi a-t-elle proposé aux experts d'approfondir leur analyse sur les principaux handicaps au développement des PME dans notre sous-région. "Pour que les PME africaines soient performantes et compétitives, il faut leur fournir, en plus d'un cadre réglementaire adéquat, une infrastructure physique de bonne qualité", a-t-elle précisé.
Le coordinateur du système des Nations Unies, Joseph Byll-Cataria, a rappelé que le développement de l'Afrique est inscrit en bonne place dans l'agenda des priorités de son institution, qui ne cesse d'appuyer les efforts des gouvernements africains dans leur combat de mobilisation de ressources pour relever le défi du développement. A cet égard, les Nations Unies ont mené plusieurs actions d'assistance technique et financière en faveur de l'Afrique, notamment le renforcement des capacités des entrepreneurs et l'assistance aux entreprises dans l'identification, la formulation et la promotion des projets d'investissement.
Par ailleurs, la recherche de garanties pour les emprunts et le renforcement des marchés de capitaux en Afrique ont fait l'objet d'actions sur le continent. A ce sujet, le PNUD en collaboration avec le New-York Stock Exchange et l'Association des bourses africaines a organisé à Wall Street un forum du développement des marchés de capitaux africains, afin de diffuser les informations sur les possibilités d'investissement sur les places boursières de l'Afrique.
Le ministre Ousmane Thiam a promis que les conclusions issues du forum de Bamako qui prend fin demain, ne dormiront pas dans les tiroirs.

A.O. DIALLO