Une communauté malienne s'adapte au changement de climat

08 mai 2013

imageLes femmes de Cinzana puisent l’eau d’un bassin pour arroser leur jardin maraîcher, Photo PNUD/A. Maiga

Le village de Cinzana situé à plus de 250 km de Bamako, dans la région de Ségou fait face au problème de la déforestation. La coupe de bois était jusque-là l’activité principale des femmes qui trouvaient ainsi les revenus nécessaires à l’entretien de la famille. Selon les témoignages des habitants, le village de Sanogola approvisionnait la région entière en bois et charbon. Aujourd’hui les arbres se font rares, ce qui n’est pas sans effet sur les sols de plus en plus fragiles.

La situation inquiète Awa Tangara: «Plus besoin de nous expliquer le changement du temps*, nous en avons entendu parler suffisamment et nous le vivons. Avant, nous les femmes, coupions le bois et le vendions pour subvenir aux besoins de la famille, c’est la région entière qui s’approvisionnait dans notre commune. Nous avons coupé les arbres, mais nous n’en avons pas replanté. Aujourd’hui, nous  voyons les conséquences de cette coupe abusive, nous n’avons presque plus d’arbres. Pas d’arbres, pas de pluie».

Les femmes ne sont pas les seules victimes de cette situation, l’érosion est une des conséquences de l’absence de végétation, le risque de désertification est réel, ce qui joue sur la production agricole.

«Tout le monde est concerné. Les hommes attendent l’hivernage avec anxiété. Nous avons appris que le phénomène des changements climatiques est mondial, mais nous avons aussi notre part de responsabilité et nous devons désormais nous battre. Les agriculteurs ont reçu des pluviomètres pour mesurer les quantités de pluie, en fonction de la quantité pluie, il leur a été indiqué les bonnes périodes de semis, ils ont aussi reçu des semences plus résistantes et adaptées au climat ».

En effet, dans le cadre du projet ‘“Améliorer la capacité d’adaptation et la résilience face aux changements climatiques dans le secteur agricole du Mali », financé à hauteur de 5’540’000 US$ par le Fonds mondial pour l’environnement et exécuté par le PNUD, les populations de six communes rurales, sont appuyées matériellement et sensibilisées à l’adoption de nouveaux comportements qui préservent l’environnement.

«Au lieu de couper les arbres, nous nous occupons maintenant de notre jardin maraîcher. Nous avons reçu des semences de légumes, des intrants et aussi du matériel de jardinage. Toutes les femmes du village participent aux travaux. Nous nous sommes organisées en caisse d’épargne, nous avons reçu une formation pour cela. Nous faisons des prêts aux femmes du groupe pour financer notre petit commerce, nous pouvons ainsi payer le matériel scolaire des enfants».

La vulgarisation de foyers de cuisson économiques est également à l’étude, elle permettrait d’importantes économies de bois de cuisson, la formation des communautés en techniques d’entretien de pépinières dans le cadre du reboisement est également prévue. Les perspectives semblent nombreuses.

Souriante Awa Tangara ajoute: «Nous avons compris beaucoup de choses, le climat a changé, nous allons changer nos habitudes».

* Interprétation en langue locale du changement climatique